La Chine, communiste ou capitaliste ?


La République populaire de Chine, dirigée par le Parti Communiste Chinois, est devenue en plus d’une trentaine d’années la seconde économie mondiale, avec un PIB de 5.470 milliards de dollars US en 2010. Comment la Chine communiste a-t-elle pu devenir l’une des économiques dite « capitaliste » les plus prospères, bien qu’encore en retard dans certains domaines ?

Se pose alors la question, la Chine est-t-elle communiste ou capitaliste ? Ou a-t-elle créé son propre modèle économique de développement : l’économie socialiste de marché. L’un et l’autre étant aux antipodes, la Chine poursuit une politique communiste basée globalement sur l’avènement d’une société sans classe sociale distincte, sans salariat, sans propriété privée de moyens de production, sans État et sans capitalisme. Alors qu’à l’inverse, le capitalisme est un système économique prenant en compte la propriété privée des moyens de production, la recherche du profit, la liberté des échanges économiques et de la concurrence économique au sein du marché, l’importance du capital et d’un système financier, l’accumulation et la spéculation des biens 

Depuis 1978 et le lancement des réformes économiques de Deng Xiaoping, l’économie chinoise a connu une avancée remarquable, passant d’un PIB de plus de 200.000 millions de dollars US en 1978 à un PIB de 5.470 milliards de dollars US en 2010. Deng Xiaoping lance les quatre modernisations : l’industrie et le commerce, l’éducation, l’organisation militaire et l’agriculture. Et ouvre la Chine au monde extérieur, mais surtout à l’arrivée massive des investissements directs étrangers. Pékin a d’ailleurs même mis à leur disposition des infrastructures matérielles et institutionnelles, et en leur offrant des avantages fiscaux, explique Ken Davies, Direction des affaires financières, fiscales et des entreprises, OCDE.

Dans la suite du slogan « Enrichissez-vous » lancé par Deng Xiaoping, le gouvernement pousse les entrepreneurs chinois à commercer avec les étrangers, de même, certaines entreprises d’Etat ont le droit d’échanger avec des sociétés extérieures, afin de faire venir des capitaux en Chine. De plus, voulant « éviter tout affrontement grave avec les Etats-Unis. Il recommandait une politique étrangère relativement modeste et entièrement au service du développement économique et technique de la Chine, ainsi que le choix de la mondialisation, de l’entrée future à l’Organisation mondiale du Commerce et un abandon temporaire des ambitions chinoises dans le Tiers-Monde », explique Henri Eyraud, le gouvernement chinois décide d’axer son regard vers l’extérieur sur le plan économique, mais de conserver un modèle communiste au sein de son territoire.

Pour mettre en place des réformes économiques dans la droite ligne de la gouvernance communiste, l’Etat chinois a créé l’économie socialiste de marché. Ce nouveau modèle économique se différencie de l’économie sociale de marché définie par les Européens. En effet, la propriété publique y est importante et centrale, la régulation gouvernementale de l’économie de marché par des moyens macro-économiques (fixation des taux directeurs tout en s’accompagnant d’une diminution de l’intervention gouvernementale dans l’économie de marché), et cette économie socialiste de marché repose sur l’altruisme et le dévouement des salariés.

Le parti communiste chinois a conservé son modèle politique tout en intégrant les systèmes économiques internationaux, lui permettant de mettre en exergue les contradictions existantes au sein même de ces institutions. En effet, jouant avec les règles du commerce mondial, Pékin a évolué avec son temps et les codes que lui incombe le marché mondial. Faisant fi des conditions imposées par la communauté internationale comme les droits de l’homme, les libertés de la presse et d’expression, la Chine est parvenue à s’adapter au système pour faire évoluer un pays abritant plus d’1,3 milliard de chinois.

Céline Tabou, pour Chine-Chinois


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