ChangYu 昌鱼 – poisson des jours de fêtes

Un article de Chine-chinois.com - Publié le 10-02-2010

Vous ne connaissez pas? Alors, vous avez encore raté la moitié de votre vie.

A Xi’an, sur le bord du trottoir, ou dans l’ échoppe qui propose entre autres brochettes de petites filles et larves diverses, on peut demander du changyu 昌鱼. Le ChangYu est un poisson plat délicat (à mon sens le toppe), considédé comme un met de choix . « Chang » signifie « prospérité », le chang yu est donc le poisson de la prospérité, qu’on peut se payer – en Chine – deux fois par an si on prospère.

La poissonnerie congelée chinoise (qu’on trouve dans les superM qui vendent chinois – genre « Tang« ) est de qualité bien supérieure à à la moyenne française Picard cartoneux (3 euro la barquette de riz cuit congelé !), eh oui. Les chinois, comme les japonais – les asiatiques – sont spécialistes dans la chaîne du froid – on ne peut pas être mauvais en tout ! changyu orig o ChangYu 昌鱼   poisson des jours de fêtes

Bon, on et plus en Chine, on revient de chez Tang.. on a prit un poisson par personne.. cette pécialité de l’ouest nous plait bien : c’est une grillade, ce n’est pas de l’algue qui trampe dans de l’eau chaude sucrée (spécialité à Shanghai !)

Allons-y ! On prend un changyu et le tranche obliquement plusieurs fois (pile et face) jusqu’aux arrêtes, pour obtenir des lamelles faciles à manger entre amis et avec des baguettes (deux par personne quand ce sont vraiment des amis).

On séche en pressant fort dans un torchon et pose sur une petite feuille de papier alu. Filet d’huile, on saupoudre avec les deux épices.
La première, c’est de la poudre de piments-oiseaux, genre Cayenne, la seconde est composée d’un mélange de graines de coriandre et de cumin – moulus ensemble.

On saupoudre les deux durant la cuisson (four ou barbe-au-cul). Attention, le piment « arrache » vraiment.
Ces deux « Ã©pices » sont à la base de toutes les brochettes chinoises qu’on mange dans la rue.

Si on n’est pas dans les conditions d’un barBq, on se contente du grill 6, 10 mn. On retourne et recommence de l’autre côté On présente le reste à des épices dans deux soucoupes pour « plus de piment si vraiment affinité ».

Les ouïes qu’on a fendu s’ouvrent à la cuisson d’une manière bien sympa. Dès qu’elles sont bien ouvertes, c’est prêt. On sert, re-pimente, si nécessaire.

La différence dans la façon de manger entre Xi’an et la France; en France, il y aura un poisson par personne, là-bas on sert un poisson (relativement cher) où trois ou quatre personnes vont picorer.

« La cuisine » se dit 炊事 chuÄ«shì.. si vous y tenez, cherchez 昌鱼炊事 sur internet et avec un bon dictionnaire, les plats réalisés avec ce fameux poisson n’auront plus de secrets pour vous !

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Catégorie(s) : La Chine // Cuisine chinoise

4 commentaires pour " ChangYu 昌鱼 – poisson des jours de fêtes "

  1. La Chine dit :

    Oui, n’oubliez pas votre poisson, surtout pour le nouvel an chinois ! C’est un aliment indispensable au repas de la nouvelle année chinoise.

    La tradition veut que l’on entame le poisson la veille (cette année ce sera le 14 au soir) et qu’on le finisse le lendemain. Ne mangez pas tout !!

  2. lhddt dit :

    J’ai un peu honte, tant pis : à l’étage du dessus, à Xi’an, vivaient un vieux couple, lui était responsable des poubelles de l’immeuble, ils n’avaient pas de quoi acheter des ronds de charbon, ils glanaient le bois.
    Nous – waiguoren – achetons un gros poisson pour deux, coupe la tête et la queue. Mettant à profit mon temps de cuisinage, je suggère à mon fils B. d’aller porter les queuez-et-têtes à ces vieux.
    Pour je ne sais plus quelle raison, on passe voir ces gens une heure plus tard. Ils étaient en train de cuisiner nos restes d’occidentaux avec application pour se faire leur festin à eux.

  3. La Chine dit :

    Pour eux, la tête de poisson est un régal, et la queue pleine de goût (d’ailleurs, je suggère d’essayer). Il n’y a pas de honte à avoir, moi, j’admire ton geste.

  4. lhddt dit :

    Tout juste.. mais je me faisais une réflexion au 8ème degré : honte aux occidentaux rapaces, se réservant les morceaux nobles alors qu’un heureux hasard, comme tu le dis justement, veut que de ces « vilains morceaux » les chinois se régalent !

    Un jour, j’ai vu dans le bus un gars et une fille grignotant, se repassant – énamourés – la même patte de poulet ! Les rondelles de cou de poulet, la patte de poulet souvent cuits, enrobés, conditionnés comme on le ferait de friandises.. se trouvent au rayon « bonbons » du superM ! Un autre régal que se partagent les amoureux : des trucs genre cornichons en saumure, conditionnés dans de petits sachets individuels – la « douceur », le Kinder chinois en somme !

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