Sous ce titre racoleur se cache une expérience que j’ai vécu ce matin. Au début de l’histoire, je me trouve dans un petit parc près de l’entrée de Fudan. Mon cours du matin est fini, du coup j’ai trois heures à meubler. Et donc comme d’habitude, je me pose sur un banc pour lire au soleil.

Déjà, il faut savoir que les parcs et jardins de Fudan sont ouverts au public. Ce qui implique une concentration de grands-mères et de gamins braillards au mètre carré assez impressionnante. Je ne vais pas revenir sur le thème de l’enfant-roi, mais permettre à un gosse de pisser comme ça, sur le chemin (non non même pas derrière un buisson), et en plus de le féliciter, ça dépasse mon entendement, surtout que après ses copains l’imitent…

Fort de ce spectacle d’une autre culture, je me replonge dans mon livre (Farlander de Col Buchanan, que je ne conseille pas…) quand j’entends des miaulements. Ceux qui ont la malchance de me connaitre savent que je porte un amour certain pour ces félins, et c’est donc tout naturellement que je me dirige vers la source de cet appel.

Et là je découvre un petit chaton, noir et blanc, qui vient se frotter à moi spontanément. Cool me dis-je, un nouvel ami. Mais son appel a aussi attirer un grand-père et son petit-fils. Du coup, je les laisse profiter de la compagnie de mon nouveau compagnon. Après tout, le chat n’est pas à moi.

Et premièrement, le gosse attrape violemment le chaton par la peau du coup, ce qui provoque les cris paniqués de l’animal, que je m’empresse de reprendre dans mes bras. J’essaie de le calmer, et je m’éloigne après l’avoir relâcher dans les buissons. J’ai à peine fais vingt mètres que rebelote, des cris. Cette fois, je vois le grand-père essayer de mettre le chaton dans un sac plastique se trouvant dans le panier de son vélo, vraisemblablement pour emmener le chat chez lui. Dans l’absolu, je me dis que c’est mieux pour un chat d’avoir un foyer, mais quand je vois comment le garçonnet et son grand-père traitent l’animal, j’y retourne pour le récupérer. Mais devant les pleurs qu’engendre mon geste, je me résigne à laisser le garçon prendre le chaton dans ses bras, mais je reste à côté pour surveiller.

Et là, c’est le drame !

Le gamin jette le chat dans le bassin qui se trouve au milieu du parc ! Et le mieux messieurs dames, c’est que le grand-père se met à rire ! Sauf que le bassin, même si peu profond, contient assez d’eau pour que le chat paniqué puisse se noyer. Ni une ni deux, j’enlève mes chaussures et je saute dans l’eau, qui arrive un peu au-dessus des genoux (donc peut-être 60cm d’eau), et je récupère la bête affolée, qui une fois à terre se carapate dans les fourrées.

Je ressors donc, et là j’engueule, en français dans le texte, le grand-père qui avait installé sur petit-fils sur le siège enfant de son vélo, et qui allait partir comme ça, l’air de rien. Et il continue à rigoler en tapotant la tête du gosse, me disant que c’est le fils de sa fille, et qu’il est toujours comme ça (c’est ce que j’ai compris du moins).  Et alors, c’est une raison pour tout lui laisser faire ?

Bref, je ne suis vraiment pas pote avec les gamins chinois…

Sylvain says:
Le mot « éducation » est incompatible avec enfant à... more
Florent Bride says:
o_O Bref, bravo et… je reste profondément abasourdi par le comportement... more

Selon la légende chinoise, le monde a été créé par le géant Pangu. Lorsqu’il est mort, sa chair est devenue la terre, son sang les rivières, ses os les montagnes et les cheveux les étoiles dans le ciel. Et des parasites qui étaient sur son corps sont issues les différentes espèces qui peuplent la Terre. Comme quoi, nous ne sommes que peu de chose…

De nombreuses années après la mort de Pangu vient le règne des Trois Empereurs. Le premier était Fuxi, qui amena sur Terre la pêche, l’écriture et la musique. Il se mariera avec sa soeur, première trace de cette institution dans l’histoire chinoise. De portraits des époux peuvent être trouvés dans les temples taoïstes, accompagnés de figures géométriques utilisées pour la divination. Ce premier empereur est suivi de Shennong, qui lui instaure l’agriculture, le commerce et la médecine. Enfin, le troisième est connu sous le nom d’Empereur Jaune, à qui on doit l’invention de la médecine, de la céramique et du calendrier. Sa femme aurait quand à elle développé la culture de la soie par l’élevage des vers à soie.

Des siècles plus tard, aux alentours de 2300 av JC, l’empereur Yao se trouve sur le trône. Il règne avec sagesse et introduit le contrôle des crues fluviales, par des systèmes de barrages. Persuadé que son fils est inapte à régner, il choisit comme successeur un sage appelé Shun. Les règnes de Yao et de Shun sont considérés comme un âge d’or dans l’histoire chinoise. Shun passa à son tour le trône à son fidèle ministre Yu, et c’est à partir de ce moment que l’on peut considérer que la Chine quitte la préhistoire pour l’Histoire.

Selon la tradition chinoise, la Chine ancienne fut gouvernée par trois dynasties, dont la première fut celle des Xia, suivie par les Shang et les Zhou. Longtemps, les historiens ont cru que la dynastie Xia était un mythe, mais des découvertes archéologiques de palais et de tombes à Erlitou (province du Henan) montrent que la dynastie était florissante entre 1950 et 1350 av JC. Selon l’historien Sima Qian (qui vécut entre 145 et 90 ac JC), la dynastie Xian commence avec Yu.

Des fourneaux et de la vaisselle en bronze ont été retrouvé à Erlitou. Un exemple notable est celui d’un vase cérémoniel appelé jue qui se tient sur trois pieds et qui possède une poignée et un bec-verseur.

La présence d’une production dérivée du bronze à Erlitou pose la question du développement du traitement des métaux en Asie : est-il issu de la diffusion d’un savoir à l’intérieur de l’Asie Centrale, ou une découverte indépendante propre à la Chine ? On a retrouvé en Mésopotamie de nombreuses traces de productions en bronze datant d’environ 3000 av JC, alors que les plus anciens objets en bronze retrouvés en Chine datent d’une centaine d’année plus tard, et ne sont pas autant « sophistiqués », ce qui peut laisser penser à un développement parallèle à celui du croissant fertile.

Cependant, la forme des artefacts en bronze retrouvés en Chine semble faire écho à la forme des potteries retrouvées à Longshan, ainsi que la technique visant à combiner céramique et bronze, qui est différente de celle utilisée à l’Ouest de la Chine. Tous ces éléments semblent prouver qu’une technique nouvelle de moulage du bronze s’est développée en Chine, en parallèle de celle découverte en Mésopotamie à la même époque.

Source : Life in Early China, JAG Roberts.
There are no comments, click here be the first one!

Les plus anciennes traces de peuplement de la Chine ont été trouvé dans les années 1920, sur le site de Zhoukoudian, à environ 50km de Pékin. Ces traces sont celles d’Homo Erectus, qui a vécu là entre 500 000 et 200 000 av. JC. Homo erectus est le prédécesseur d’Homo Sapiens dans la grande famille de l’homme. En ces temps-là, le climat de la Chine  était tempéré. La faune était composée de bisons, moutons, cochons sauvages, et même des rhinocéros. Ces fossiles, baptisés « Homme de Pékin », composaient une famille de chasseurs-cueilleurs, qui fabriquait ses propres outils et avait maîtrisé le feu. Son crâne plat porte les traces d’une mâchoire protubérante et d’un cerveau assez développé. Malheureusement, les fossiles ont disparu en 1941, quand le gouvernement chinois à chercher à les éloigner de l’avancée des Japonais. Cependant, des découvertes récentes ont mis au jour de nouveaux fossiles de l’Homme de Pékin.

Après Homo Erectus, c’est Homo Sapiens qui peuple le territoire chinois. Vraisemblablement issu de vagues migratoires venues d’Afrique, il se fixe en Chine aux alentours de 30 000 av JC. Trois crânes ont été retrouvé, toujours à Zhoukoudian, et de dépôts de pierres taillées ont été relevé dans le nord de la province du Shaanxi.

A partir de 8000 av. JC, le climat de l’Asie orientale devient chaud et humide. Le nord de la Chine se retrouve alors recouvert de vastes forêts, où l’on peut trouver des éléphants, et de larges rivières où pullulent les crocodiles. C’est dans ces conditions que commencent à apparaître les premières cultures néolithiques, marquées par les débuts de l’agriculture et la domestication animale.

En 1973, les traces d’une culture néolithique furent découvertes à Hemudu, dans le sud-est de la Chine. On a retrouvé sur le site des vestiges de poteries en terre cuite, de l’élevage de porcs et de buffles, ainsi que d’artisanat à base de bois et d’os (qui comprennent des sifflets taillés dans des os d’oiseaux, qui semblent avoir été utilisés autant comme appeaux que comme instruments de musique). Le fait le plus notable est la preuve de la culture du riz par la communauté qui vivait là il y a 7000 ans.

Mais le site néolithique le plus fameux en Chine est celui du village de Banpo, situé près de Xi’an, qui est occupé depuis 4500 av. JC. Ses habitants cultivaient le millet, se servaient de binettes et de couteaux en pierre polie. Ils avaient domestiqué des animaux comme les cochons et les chiens, mais aussi des moutons et des bovins. Leur régime alimentaire était amélioré avec du poisson et la viande d’animaux sauvages qu’ils continuaient à chasser. Ils produisaient eux-mêmes leurs vêtements avec de la fibre de chanvre, et vraisemblablement de la soie, des cocons de vers à soie ayant été retrouvés sur place.

Le site de Bampo se compose d’une ère résidentielle comprenant une centaine de maisons et autres bâtiments. Les maisons les plus anciennes étaient à moitié enterrées, tandis que les plus anciennes sont au niveau du sol, avec une architecture en bois. Chaque maison possède un pilier central soutenant un toit en chaume, un foyer pour le feu, ainsi qu’une porte, toujours orientée vers le sud. Une argile blanche est utilisée pour fabriquer des fours et des bancs. Cette partie du village est entourée par un fossé, qui devait vraisemblablement servir de protection contre les animaux sauvages. On a aussi retrouvé les traces d’un cimetière où les adultes sont enterrés dans des tombes individuelles, le plus souvent avec de la vaisselle en céramique à côté du défunt. Les enfants décédés sont quand à eux inhumés près des habitations dans des jarres en terre cuite.

La production de porteries se trouve dans une autre partie du village, où l’on a retrouvé 6 fours entourés de plus d’un demi-million de fragments de poteries. Les poteries fabriquées là servaient à la fois pour le stockage, pour la « vaisselle de maison », pour la cuisine ou pour les rites funéraires. Certaines d’entre elles sont décorées par des motifs artistiques, avec des techniques parfois très avancées, voir même par des marques qui ont été interprétées quelquefois comme les traces d’une écriture primitive.

Le peuple de Banpo fait partie de la culture dite de Yangshao, du nom du village de la province du Henan où furent retrouvés les premiers vestiges dans les 1920 par l’archéologue suédois J. Gunnar Andersson. La culture de Yangshao, qui s’est développée dans le Henan et le Shaanxi entre le cinquième et le troisième millénaire av. JC, est marquée par la présence de villages défendus par des fossés, par des méthodes de productions sophistiquées, autant pour l’artisanat que pour la nourriture, ainsi qu’une société très organisée, et probablement matriarcale.

Peu après les découvertes d’Andersson, une autre type de culture néolithique a été découvert dans la province du Shandong, près de Longshan. Cette culture se caractérise par une poterie de couleur noire, décorée par des sillons et des anneaux. Cet artisanat est beaucoup plus fin et avancé que celui de la culture de Yangshao. Lorsque des fouilles à Miaodigou (Henan) ont permises de mettre au jour des poteries de Yangshao en-dessous de poteries de Longshan, on a soulevé l’hypothèse que la culture de Longshan se serait développée sur le modèle de celle de Yangshao. Cependant, aucun lien n’a pu être trouvé entre les deux cultures, et la théorie dominante est celle qui affirme qu’elles se sont développées séparément, graduellement. Il faut ajouter que la culture de Longshan s’est propagée dans l’Ouest alors même que celle de Yangshao était sur le déclin.

 

There are no comments, click here be the first one!

Un petit billet d’humeur aujourd’hui, avant de continuer la chronique de Zhangjiajie. Elle résulte de l’expérience (désagréable) que j’ai vécu cet après-midi dans le métro dans Shanghai, qui, ironie du hasard, arrive seulement quelques jours après une discussion avec ma colocataire  chinoise sur le thème : les enfants chinois sont-ils gâtés pourris ?

On discutait du fait que la politique de l’enfant-unique avait comme travers de sacraliser encore plus l’enfant aux yeux des parents. Cette sacralisation n’est pas que chinoise : on peut la voir tous les jours en France. Mais, à mes yeux, elle atteint dans l’Empire du Milieu des proportions que je ne connaissais pas jusqu’alors. J’en suis arrivé à me poser la question en voyant deux enfants, d’à peine dix ans, se balader en pleine rue avec des Ipads flambants neufs. On sait que le citadin chinois à de grandes proportions au bling-bling, mais là quand même, je me suis posé des questions. Et je ne parle pas de tous ces collégiens avec leurs Iphones.

Du coup, quand j’en ai parlé à ma coloc’, elle m’a  confirmé qu’effectivement la tendance ces dernières années était de surprotéger l’enfant, et de dire oui à tous ses caprices. Et cela est encore plus vrai avec les grands-parents, qui ont la charge de l’enfant la journée quand les parents sont au travail et qui gèrent donc la majeure partie de son éducation.

Cet après-midi donc, en prenant le métro pour retourner chez moi après mon cours, je me retrouve en compagnie deux personnes âgées et de leur petit-fils. Déjà, je vois ce dernier jouer à la voiture téléguidée dans la rame. Je me dis que bon, le gosse a bien le droit de s’amuser, même si il envoie sa voiture sur les gens. Je pense encore la même chose quand il remplace sa voiture par un pistolet à eau, et me tire dessus. Je regarde les grands-parents en souriant l’air de dire « Votre gosse s’amuse, mais une fois, ça va ». Visiblement, le message ne passe pas et le bambin décide de vider son pistolet sur moi.

Passablement trempé, je m’approche de lui, lui prend le pistolet des mains et lui tire sur le front, sous les yeux ébahis de ses grands-parents. Et bien entendu, le gosse se met à pleurer. La grand-mère tente de le consoler, tandis que le grand-père vient s’en prendre à moi en shanghaien (bah oui, au cas où je comprendrais le chinois, avec mon tshirt Fudan…). Du coup je m’énerve aussi, mais un dialogue franco-shanghaien n’est pas le mieux pour la compréhension entre les peuples. Mais vu l’attitude du bonhomme, j’ai brisé la vie de son petit-fils.

M’en tape, il n’avait qu’à être mieux coiffé le mioche (tiens, un bon sujet d’article les coiffures des enfants chinois). Finalement je descend de la rame à mon arrêt, sous les insultes du grand-père et le regard amusé des autres passagers.

Je suis un monstre non ?

Yoni says:
Edifiant ! J’ai vécu ce genre de mésaventure à Pékin en 2005 quand... more

Séjour à Zhangjiajie: premier jour

http://www.chine-chinois.com/sylvain-en-chine/wp-content/uploads/2012/05/102_7790-300x225.jpg

Après une nuit en train, nous arrivons à la gare de Zhangjiajie. Déjà première impression : on n’est plus à Shanghai ! Des ruines d’usines et de bâtiments abandonnés parsèment le paysage, qui ne semble pas avoir évolué depuis Mao. …

 

Séjour à Zhangjiajie : préparatifs et départ pour Pandora

http://www.chine-chinois.com/sylvain-en-chine/wp-content/uploads/2012/04/james-cameron-avatar-voyage-fantastique-et-battle-angel2-300x168.jpg

De retour de Zhangjiajie où je viens de passer la semaine, je vais vous faire partager l’expérience de ce voyage au coeur de la Chine. Heureusement pour vous, mon fidèle Moleskine m’a accompagné durant tout ce temps, me permettant de …

 

Le Tibet est-il chinois ?

http://www.chine-chinois.com/sylvain-en-chine/wp-content/uploads/2012/03/tintin_tibet3_2-300x222.jpg

C’est la question que je vous pose aujourd’hui ? En effet, avec la recrudescence des immolations de moines tibétains dans le Sichuan (mais aussi des laïques), et l’article paru aujourd’hui sur le Monde.fr, qui traite des tibétains exilés en France, …

 

Après-midi au parc Lu Xun

http://www.chine-chinois.com/sylvain-en-chine/wp-content/uploads/2012/03/ME0000119644_3-300x204.jpg

Profitant du beau temps qui sévit depuis quelques jours sur Shanghai, j’ai profité de mon dimanche après-midi pour aller me promener dans le parc situé près de chez moi. Il s’agit du parc Lu Xun, nommé en l’honneur de l’écrivain …

 

Un mariage en bas de chez moi

http://www.chine-chinois.com/sylvain-en-chine/wp-content/uploads/2012/03/1-300x190.jpg

J’ai eu l’occasion de voir ce matin à quoi ressemblait les moments précédents la cérémonie d’un mariage chinois. En effet, alors que je regardais tranquillement un épisode de Legend of the Seeker (bah oui, j’ai bien le droit de faire …

 

Les chinois, accros des nouvelles technologies ?

http://www.chine-chinois.com/sylvain-en-chine/wp-content/uploads/2012/03/MRT-183929_copy1-300x199.jpg

Prendre le métro à Shanghai, c’est se livrer à une véritable étude sociologique de la Chine. On y croise en effet des chinois de tous les âges, de toutes les classes sociales. Et parmi tous les petits détails que j’ai …