LES BOUDDHISMES
Le bouddhisme.. ah, le bouddhisme. ! On en a tout dit.. sauf le principal. Avec la vogue tibétaine de ces dernières années, on résume le bouddhisme en « bouddhisme tibétain », exactement comme si le christianisme se résumait en « mormonisme ». Le bouddhisme tibétain, c’est 1% du bouddhisme et encore, ce « bouddhisme » n’a rien à voir avec le bouddhisme. Le bouddhisme n’a pas de chef de clan, pas de roi, pas de Pape, pas de dieu, ni dieu-sur-terre, quoi qu’en prône ce fumiste de Dalaï-lama. Le « bouddhisme » tibétain n’est qu’un groupuscule montée en épingle pour d’évidentes raisons politiques, une secte théocratique destinée à maintenir un roitelet despote sur son trône et un peuple dans la misère – voir Elizabeth Martens sur internet pour « détails ». Un de ces « détails » : le Tibet était fermé aux étrangers avant « l’invasion chinoise » de 49 ! Avant 49 : 95% d’illettrés, depuis 49 : 5% d’illettrés – cherchez l’erreur. Une autre « erreur » si on compare au bouddhisme, c’est que ce « bouddhisme tibétain » utilise nombre de croyances ignorées du vrai bouddhisme, rites magiques, salamalek de « tambours » et de cornes de brumes magiques, « médecines », exactement comme le Vaudou – dangers tant pour le mental que pour le corps. Comment imaginer qu’on soit admiratif de tous ces trucs – exotiques soit -quand on fait la chasse, en Frances – chez les gens sérieux – aux médecines parallèles, aux charlatans africains vendeurs de protections ou « demi-protections » !? restons sérieux.
Pour ces raisons, ce « bouddhisme tibétain » est bien un terme usurpé, détourné par les media, puisque que ce système n’a rien avoir avec le bouddhisme. C’est – au plus une émanation tantrico-lamaïque érigée en canons théocratiques au service d’une monarchie pour petit roi tiré-au-sort de droit divin – dommage pour l’exotisme, Mesdames, mais c’est mieux de le dire …
Attention aux émanations sectaires, « bouddhisme tibétain », déviations Zen comme les « Ni shiren dai shening » qui ont tout de « scientos » ou « moons » prêt à vous vider la carte bleu pour réparer votre problème insoluble aux connaissances occidentales.
Si on se sent un peu béotien quand aux bases du bouddhisme, les Charriots ou Véhicules, il y a ce petit pdf bien sympa, et plus si affinité.
Purgés le faux bouddhisme.. On ne peut pas parler d’un bouddhisme unique.. on peut plutôt le comparer au monothéisme occidental qui a donné naissance aux christianisme, à la religion juive et musulmane. Il y a trois « Charriots » ou « Véhicules » successifs aux débuts du bouddhisme.. Dire « je suis bouddhiste » est aussi vague que dire « je suis monothéiste ». Il y a une fouletitude d’écoles bouddhistes – probablement plus que toutes les interprétations monothéistes réunies !
Avec le temps et la latitudes, les écoles se sont diversifiées, autant que les nombreuses ramifications des trois religions monothéistes – sunnites, protestants et autres juifs « orthodoxes ».. à la pelle.
On ne va pas détailler la naissance du bouddhisme – chacun a eut sa dôse d’idées reçues d’orientalisme qu’on retrouve là en détails .. un rappel toutefois :
Comme dans toute succession spirituelle, des dissensions dans l’ordre monastique ont commencé à se manifester et, entre un certain laxisme et un intégrisme quasi fanatique tous les deux condamnés par Bouddha lui-même, une tendance (celle des mahâsanghika) a vu le jour; tendance dans laquelle la Sangha, réservée jusqu’alors uniquement aux moines, pourrait s’agrandir aux laïcs, la Mahâsangha.
Ceux-ci moins évolués spirituellement que les moines ont besoin de merveilleux, de prodiges, de superstitions pour croire, pour étayer les mises en pratique des principes moraux et philosophiques, héritages de la vie monastique.
C’est à partir de ce moment, que le Bouddhisme, de philosophie initiale, de Voie vers la Sagesse qu’il était, va devenir religion. Au fur et à mesure de son extension territoriale, il s’acclimate des croyances locales en érigeant, en divinités, les tenants des réponses aux questions métaphysiques émises par le commun des mortels. On voit alors se dessiner un panthéon bouddhique, fleurissant de divinités plus terrifiantes et courroucées que franchement paisibles, images destinées à frapper l’imaginaire des fidèles.
A l’origine, le bouddhisme n’est pas une religion, mais une philosophie, une simple ligne de conduite qui mène à l’Illumination – si vous arrivez, ça peut faire de vous un « bouddha ». Mais l’homme, les gens simples, aspirent au mystique, au divin– la précédente définition ne leurs suffit pas – et, inévitablement les Cakiamuni, les Siddhârtha finissent toujours par être honorés puis statufiés, déifiés. On a besoin de faire brûler des encens.. de prier et remercier des « idoles » c’est humain – la religion ressemble bien à la vraie médecine originelle, celle qui – selon Hypochrate : atténue la douleur et éloigne la peur de la mort.
Ainsi, le premier bouddha est devenu Bouddha, et les écoles bouddhistes se sont misent à pondre quelques centaines de nouveaux bouddhas (les Illuminés par l’Eveil ) en 10 siècles.
Le bouddhisme de la Chine est fondé sur le Grand Véhicule (Mahâyâna). Il est plus ouvert, il est moins refermé sur lui même: « On aide le plus grand nombre de ses prochains à y parvenir, en renonçant à l’accession au Nirvâna ». Le bouddhisme chinois, ce n’est pas parvenir – personnellement – à la pureté, c’est parvenir au bien être de tous, de la collectivité.
Par syncrétisme, on voit « du bouddhisme » se fondre au taoïsme ou inversement.. en Chine, il n’est pas rare de voir des « bouddhas » ou symboles taoïstes traîner même dans des églises !
Un amusant effet du syncrétisme appliqué à la Chine – Il y a un bien sympathique trait d’union entre le Taoïsme et le Bouddhisme, un conte fondateur, c’est « en Occident » ou Xiyouji 西遊記 Xīyoújì, ou encore « Voyage en Occident » écrit vers 660 sous les Tang. C’est un roman qui raconte la longue expédition aux Indes de
Xuanzang 玄奘 qui rapporte – entre autres – des écrits bouddhiques en Chine. Jusque là, pas de problèmes, sauf que l’histoire est farcie de monstres et démons bien loin des préceptes bouddhisque. Xuanzang est en outre accompagné du roi des Singes 孙悟空Sun Wukong, du demi-dieu-cochon Zhu Bajie 豬八戒 (le Cochon aux Huit Vœux), accessoirement le cheval qui serait, lui aussi un peu demi-dieu, et enfin Shaseng 沙僧 (le Bonze des Sables, encore appelé Sha Wujing 沙悟淨 Sha Conscience de la Pureté).
Le « Voyage » est une longue histoire aux multiples rebondissements qui tient encore les chinois et japonais (mangas, Dragon Ball) d’aujourd’hui – jeunes comprits – en haleine ! Si vous pressez CCTV3 et qu’un épisode est en cours.. sur que vous ne pourrez pas débrancher votre copine chinoise avant la fin de l’épisode.
Le Singe, qui est un personnage fort en Chine, n’est pas une référence de bonté. Il est espiègle et malin, vindicatif même méchant à l’occasion.
Les références médiatiques sont innombrables et il est inévitable de retrouver une quelconque version rediffusée au moment des fêtes ou pour telle ou telle raison, les BD en sont infestées. A notre époque de désintégration des valeurs, vous voyez des thèmes comme notre Jeanne d’Arc occuper le même espace télévisuel ? « Le Voyage.. » c’est un espèce de « de Gaulle » qui aurait duré 15 siècles – sans blagues – et aurait encore une large audiance dans les media.
Des références : Le Roi des singes bat le démon de l’os blanc 《孙悟空三打白骨精》 1960, de YangXiaozhong et Yu Zhongying ou « Le Roi singe » 1994, de Jeffrey Lau et Stephen Chow avec encore une version 2001 (tv) et film 2008 – Les « Jules César » pourraient mieux faire !
Pour les insomniaques, le Voyage a été traduit en béret-baguette : « La Pérégrination vers l’Ouest » Wu Cheng’en Gallimard/La Pléiade – normalement, deux volumes, ça devrait suffire.
C’est pourquoi, même si le bouddhisme s’est fait une grande place en Chine, le Taoïsme fondateur est indestructible, c’est pire que du syncrétisme : ça marche ensemble.
Une parenthèse pour le « bouddhisme zen ». Cette école est partie les d’Indes pour passer par la Chine, donnant le « Chan » 禅, philosophie très hermétique : Le jeune moine demandait au maître « Maître, qu’est-ce que Zen » et le vieux de répondre « Zen est une nouille qui pourrit au soleil ».. N’en déplaise à celles qui disent à la télé « Wah! Je me sens ‘achement zenne dans cette nouvelle jupe! » .. si je me permettais un début d’interprétation : Zen, c’est la comprehénsion, le fait
d’admettre et finalement ressentir intimement que nous faisons partie du Cosmos – peu importe le fric, peu immporte que je sois ici on là; ma dépouille, dans quelques temps, alimentera les vers et les pissenlits que mangerons les chèvres que mangerons mes enfants, qui – eux même, sont partie du Cosmo. Cette « pure philosophie » qui n’a cure de bibles ou autre thoras, ni temples bien sur – arrivée au Japon, se transforme en « religion » avec tous ses accessoires liturgiques – tambours, encens trompettes et statues, en transformant complètement l’idée initiale. Les gens simples ont besoin de prier, de demander que leur fils ne tombe pas à la guerre. Dans la catastrophe tahitienne.. le Diable a prit de nombreuses vies, mais, fait incroyable, Dieu était toujours là pour en sauver quelques-unes. Le soir du drame, on invictivait Dieu, le lendemain on le remerciait d’avoir sauvé dix ou vingt vies – ce schéma est trop classique.
Voilà pour le principal.. ces pages ne représentant qu’une bien modeste introduction !


















































[...] Ca, c’est pour la langue, mais le sens aussi. Quand par exotisme, on colle du « zen » partout sans même savoir ce que ça signifie. C’est grand dommage.. je n’essuie [...]
[...] la vogue tibétaine de ces dernières années, on résume le bouddhisme en « bouddhisme tibétain », exactement comme [...]
[...] bonne feuille sur le prétendu bouddhisme [...]
[...] général alors que le corps, le contenu glisse, dévie toujours sur l’éternel « bouddhisme tibétain » qui n’est, on le sait qu’un vague souvenir du bouddhisme authentique [...]
Merci beaucoup pour cet article qui va vraiment au fond des choses. Il est rare de trouver tant de détails ^^
Une lecture que je recommanderais à qui souhaite découvrir un peu mieux ces pratiques.