Pourquoi les chinois ne penseront jamais comme nous ?
La question de vouloir toujours imposer notre façon de pensée, notre vision des chose au monde entier se heurte à d’énormes barrières dans certains pays est très fréquente, et je ne vais donc pas la traiter ici -hihi- (bah sinon on va se retrouver encore dans le débat des droits de l’homme et de la peine de mort et tout et tout)
Non, ici je veux relever le fait que dans les pays asiatiques (et surtout en Chine en ce qui nous concerne) on remarque que ce n’est pas la façon de penser qui est une barrière, mais la façon de concevoir les choses. C’est à dire la façon de penser à l’origine de toute chose (si si, je vous jure). Et je pense que cela est du à l’écriture. Nous sommes abstraits, ils sont concrets. Nous imaginons, ils voient.
Vous n’avez rien compris à ce que je viens d’énoncer, alors prenons un exemple concret :
Je vous dit milieu, à quoi pensez vous ?
A rien (dans la plupart des cas, le mot “milieu” dit comme ça n’inspire pas grand chose), ou à des choses abstraites, à une boite coupée en deux, à une pomme coupée en deux, à un demi gâteau?
Si à un chinois, l’on dit 中 (zhong), à quoi pense t’il ?
Et bien il ne pense pas, il voit ! Il voit un carré coupé en deux, ou une cible percée d’une flèche.
Je vous dit loi, et là l’on me dit :
Code civil, cours de droit, mal de crane, contrat de travail…
Et un chinois, on lui dit 法 (fa)
Il verra alors un cours d’eau et une personne quittant un lieu
Ou encore :
Je vous dit lune, et vous pensez :
Planète, la lune (là cette fois vous l’imaginez ou la voyez, et c’est comme ça que pensent les chinois), gravitations, extraterestre…
Et un chinois : 月 (yue)
Tout simplement un croissant de lune.
Et donc, quand on parle à un chinois en anglais ou en français, nous mettons ensemble des idées abstraites pour tendre vers quelque chose de concret. Mais lui, dans sa tête, il assimile les images (caractères) et voit vos paroles. Et c’est pour cela, que le chinois ne penseront jamais comme nous.
N’hésitez pas à me donner votre vis sur mes méditations métaphysiques.
tags: Asie, Caractères chinois, Chinois, Droits de l'homme en Chine, Peine de mort en Chine, Pensée chinoise

















































Je suis désolé mais je vais te contredire cédric.
Les chinois sont différents c’est sur mais ..je ne suis pas d’accord sur:
il faudrait dire lvfa pour dire loie et là ils penseraient comme nous
comme il faudrait dire yueliang et il n’y aurait pas de confusion .
Nous sommes abstrait ils sont concret…Alors là??? je ne suis pas tout à fait d’accord
On est pas vraiment abstrait et certains chinois sont abstrait…
Les chinois n’assimilent pas des caractères ils assimilent des sons. Comme nous d’ailleurs… Beaucoup ne savent pas lire au passage ou pas tout!
Le cerveau chinois fonctionne à peu près comme le notre… leurs sons sont des lettres spéciales c’est tout…
Après leur culture leur passé leur ont appris à raisonner différement et là je serais d’accord avec toi…
voilà ma petite participation…
Effectivement, j’aurais du mettre :
中国
法律 falv
月亮 yueliang
Et j’ai donc fait le test avec ma femme.
Qu’est-ce que tu penses en voyant ça (réponse similaire au français)
Et qu’est-ce que tu vois ? (là c’est amusant, parce que nous ne voyons rien)
pour 中 donc, elle verra une brochette (on y est presque)
pour 法 elle verra l’eau qui s’en va (et voila, en faisant un effort) “水走了”
pour 月 elle verra la lune…
Et je disais bien comparaison pour la façon de penser. Si tu me dit de comparer avec les analphabètes, c’est sur que la pensée avec un occidental moyen ne sera pas très enrichissante, c’est comme si on comparais la pensée de Confucius avec celle d’un gaulois barbare
En tous cas, j’ai eu quelques avis comparables et en approfondissant mes recherches (ma femme m’a dit que j’étais taré, soit dit en passant), et j’ai découvert que je n’étais pas le premier à m’en rendre compte (pas marrant).
Je citerai quelques ouvrages à l’occasion.
En lisant l’article j’ai pensé comme ta femme… je dois devenir chinois, haha
La lune c’est un moyen mémo-techniqueque tu apprends à l’école… je l’ai appris aussi…
j’avoue que tu m’as cloué le bec avec la comparaison gaulois confusius…
Et c’est surtout parce que le caractère avant d’être un 月字, c’était une lune :
http://culture.people.com.cn/mediafile/200904/15/P200904150900592118925897.jpg
我神经病啊
呵呵。
我神经病啊
没听过这个话
malade c’est ça? taré?
C’est ça, un fou, un taré. Un terme scientifique pour les maladies atteignant le cerveau, mais souvent utilisé comme insulte assez bon enfant.
C’est un peu pour cette raison que le Parti communiste a simplifié les caractères et a essayé de retirer toute signification confucéenne de certains caractères pour les remplacer par des significations plutôt marxiste-léninistes ou bien neutres. Par exemple, 聖 (sheng; sage) une oreille, une bouche et un roi. Ce caractère fait donc un lien entre la sagesse et la royauté, concept détesté par les communistes contre la société féodale. Le caractère a été simplifié 圣, soit une main dans la terre, un caractère pas très flatteur. Donc à quoi peut-on penser en pensant au sage Confucius? À une main dans la terre?
Par contre, je ne sais pas si les Chinois pensent vraiment en caractères et qu’ils en décortiquent chaque sous-unité. Peut-être qu’ils le font pour certains caractères très simples comme 中, mais il ne faut pas oublier que 90% des caractères ne sont pas idéographiques, mais phono-sémantiques.
你说得没错。 Il est vrai qu’une bonne partie des caractères est phono-sémantique, mais l’on retrouve souvent une composante significative de l’idée, étant donné que le son n’est donné dans la majorité des cas que par une clé.
Je n’avais cependant pas creusé l’idée de la simplification marxiste-léniste qui à pris tout son sens depuis Mao Zedong. Effectivement, c’est à approfondir.
Merci pour ta participation à ma méditation métaphysique !
bonjour! Superbe Post!
Je tend à rejoindre l’idée que c’est la vision concrète du caractère qui apporte le sens.
L’alphabet nous permet de construire des sons avec des lettres dans le but de décrire une idée. Un mot est construit de toute pièce si nécessaire pour une nouvelle idée, ou une nouvelle conception. On peut toujours le lire et tenter de le comprendre en s’aidant du contexte.
Selon moi, ce n’est pas le sens du dessin du caractère (un homme, une bouche etc…) qui est important mais le fait que le caractère existe et que l’idée associée ai étaie validée.
un chinois demande “谁说?” afin de s’enquérir de l’autorité d’un dire, de sa justesse ou de la validité de l’idée. Si un caractère existe, c’est que l’idée qui lui est associée est valide. Si le caractère n’existe pas, c’est que l’idée est nouvelle et ne disposant d’aucune autorité pour s’imposer. On peut toujours créer un caractère de toute pièce. Qui sera en mesure de le prononcer? Qui sera en mesure de le comprendre, même placé au milieu d’autre caractères et avec un contexte donc?
Le caractère est un formidable outil d’endoctrinement, c’est pour cela qu’il a était simplifié. Il n’a pas besoin du contexte pour être compris. Son apprentissage suffit.
Cao Cao a écrit que le peuple devait être instruit (suivre la doctrine) afin que l’état repose sur des bases solides. Mao ZeDong suivit les même idées.
Je regardais un reportage traitant de l’art égyptien et de la vision que l’homme avait de lui même à cette époque. Le hiéroglyphe représentant l’homme est standard et à suivi le même schéma plus de 3000ans. Il en résulte l’hypothèse que l’homme égyptien n’a eu que ce hiéroglyphe comme unique représentation de lui même. Une idée figée, stricte, mais nécessaire au maintien du système égyptien de l’époque (agricole et centralisé).
Dans mon raisonnement, le caractère est donc similaire à un tampon, permettant de valider une perception préfabriquée de l’environnement. Son utilité est directrice, concrète.
Un mot est beaucoup plus contemplatif. On y associe un peu ce que l’on veut, ou ce que l’on ressent. Un mot sorti de son contexte perd tout son sens. Ce n’est pas le cas du caractère.
Bien à Vous.