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le Tibet et l’international

Je suis Cédric Beau, prof de chinois, auteur de la formation vidéo en ligne Méthode Crampe© pour apprendre le chinois, et grand passionné de la Chine et du Chinois. Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog et une bonne lecture!


Au début du XXème siècle, le Tibet fut l’enjeu de rivalités entre la Chine, la Russie et l’Angleterre. Les Britanniques, alors présents en Inde, voyaient dans les hauts plateaux un débouché commercial d’autant plus attirant qu’il ouvrait une route vers la Chine. Ils firent plusieurs tentatives pour approcher les Tibétains et signer avec eux un accord commercial mais ceux-ci restèrent muets. Les Britanniques trouvèrent alors en la Chine un autre interlocuteur avec qui ils signèrent en 1876 les Accords de Chefoo. Ces accords, qui permettaient à l’Angleterre d’ouvrir cinq nouveaux ports en Chine, ne concernaient à priori pas le Tibet. Or à la fin du texte était rédigé un paragraphe déclarant que la Chine délivrerait à la Grande Bretagne les passeports nécessaires pour entrer au Tibet. En signant cet accord, les Britanniques furent les premiers à avaliser une autorité de la Chine sur le Tibet. Lorsqu’ils apprirent son existence, les Tibétains tinrent les accords de Chefoo pour non valides, mais sans pour autant prendre réellement conscience de l’importance de leur rôle dans la région et surtout des convoitises auxquelles leur position géographique les soumettait. Deux autres accords commerciaux furent signés entre la Grande Bretagne et la Chine, dans lesquels les Britanniques continuaient de reconnaître la souveraineté de la Chine sur le Tibet.

  • Le premier fut signé à Calcutta en 1890 et visait à établir les frontières entre le Tibet et le Sikkim ;

  • Le deuxième, appelé le Tibet Trade Regulation, fut signé trois ans plus tard, autorisant les Britanniques à installer un agent commercial au Tibet méridional et à exporter du thé indien ainsi que d’autres marchandises au Tibet.

Au début du XXème siècle, au delà de ses désirs de commerce, l’Angleterre commença à craindre l’influence grandissante des Russes dans la région. De peur que le Tibet ne tombe entre leurs mains, les Britanniques prirent les devants et en 1904, leurs troupes, menées par Sir Younghusband, entrèrent le 3 août dans la capitale tibétaine. Le XIIIème Dalaï Lama Thubten Gyatso (1876-1933) s’enfuit alors en Mongolie. Le Tibet lança plusieurs appels à l’aide à la cour des Qing mais ceux-ci restèrent muets, peut-être en raison des troubles qu’ils connaissaient à cette époque. Mais aujourd’hui, les historiens communistes Chinois admettent que ce fut une erreur de la Chine dans la défense de « son » territoire !

Le 7 septembre 1904, les autorités Tibétaines furent acculées à signer une convention avec les Britanniques, appelée « Convention de Lhassa ». Dans cet accord, le Tibet s’engageait à demander l’autorisation de la Grande Bretagne avant la signature de tout accord avec une puissance étrangère. Si c’était là une perte évidente d’indépendance, le fait que cette convention ait été signée bilatéralement avec la Grande Bretagne est aujourd’hui un des principaux axes sur lesquels se base le Tibet pour démontrer son indépendance passée.

Dès qu’elle su l’existence de cette convention, la Chine dénonça les manœuvres Britanniques : « Les anglais ne devraient pas conclure de traité avec le Tibet car un tel accord vole à la Chine sa suzeraineté » (Tibet mort ou vif, de Pierre-Antoine Donnet). Pour calmer la colère de la Chine, la Grande Bretagne trouva un compromis par la signature, le 27 avril 1907 d’un accord sino-britannique dans lequel il était fait mention du droit de la Chine de préserver l’intégrité territoriale du Tibet. Bien que les autorités tibétaines déclarèrent immédiatement nulle cette clause, l’étau se resserrait sur leur pays. Effectivement, en août de la même année fut signé un traité anglo-russe qui reconnaissait à la Chine une suzeraineté sur le Tibet et engageait les deux pays signataires à ne pas violer l’intégrité territoriale du Tibet ni à s’ingérer dans ses affaires extérieures. Ce traité coupait court à toute source de conflit possible entre la Russie et la Chine mais mettait à mal l’indépendance tibétaine en donnant une assise aux velléités de la Chine. En 1908, les troupes du général chinois Zhao Erfang envahirent le Tibet oriental. Deux ans plus tard, malgré les intercessions du XIIIème Dalaï Lama revenu expressément de Mongolie, Zhao Erfang entra à Lhassa. Cette incursion de l’armée chinoise au Tibet marqua un tournant dans les relations entre Lhassa et Pékin. Les expéditions antérieures de troupes Chinoises répondaient à un besoin de protection externe de Lhassa. Elles étaient « invitées » par le Dalaï Lama et le gouvernement tibétain. Mais cette fois ci, l’empereur des Qing essaya d’établir par la force son autorité au Tibet. Il n’eut cependant pas le temps de s’installer définitivement dans les quartiers tibétains puisque l’empire des Qing s’écroula sous les coups de la Révolution Chinoise en 1911, à peine un an plus tard. Le Dalaï Lama revint alors s’installer à Lhassa d’où il rompit tous les liens unissant son pays avec Pékin. Il renvoya tous les résidents étrangers ainsi que les trois mille hommes de l’armée chinoise présents sur le sol tibétain et proclama l’indépendance du Tibet. Mais, peu habitués aux manœuvres diplomatiques et politiques modernes, et malgré la signature d’accords avec d’autres puissances, les dirigeants tibétains ne firent pas explicitement reconnaître l’indépendance de leur pays par des pays tiers, comme le fit par exemple la Mongolie. Ce fut là l’erreur la plus grave commise par le gouvernement du Tibet, et qui allait avoir de terribles répercussions.

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1 commentaire pour " le Tibet et l’international "

  1. Nathalie I. dit :

    Je viens de lire ton article sur le Tibet, il est très intéressant. En plus je viens de visiter cette magnifique région ! je vais lire les autres articles aussi ! Merci pour tous ces éclaircissements !

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