Le président Hu Jintao s’est entretenu, avec les membres du Sommet du G20, du 25 au 27 juin, à Toronto. A cette occasion, la banque centrale de Chine a annoncé la réévaluation du Yuan. Saluée par la communauté internationale, cette nouvelle a masqué les enjeux du G20.
Réunit sous le thème du « redressement et nouveau début », le sommet mettra l’accent sur les conséquences de la crise financière internationale, les solutions pouvant être apportées pour endiguer le problème, ainsi que la mise en application des anciens engagements (novembre 2008, à Washington).
Ré-évaluation du Yuan
La veille de l’arrivée du président Hu Jintao au Canada, la Banque centrale de Chine annonce avoir fixé le taux de change Yuan contre Dollar, au plus haut depuis cinq ans. Cette annonce anticipe les critiques éventuelles des grands partenaires de la Chine, à la veille du sommet du G20. Vendredi 25 juin, le cours pivot était de 6,7896 yuans contre le dollar, soit 0,3% de plus qu’hier avec 6,8100 yuans.
Edward Meir, analyste matières première chez MF Global à New York explique qu’il n’est pas surpris de cette annonce, car « Cela faisait quelques mois que nous attendions une réévaluation. C’est une porte de sortie facile pour Pékin. Cela va aider leurs chiffres de l’inflation et faire cesser une partie des critiques sur la valeur du yuan ».
D’après l’expert, « Le marché craignait que l’annonce de ce week-end soit plus brasser de l’air au niveau politique qu’une véritable tentative de traiter la sous-évaluation du yuan. Cela va sans doute donner aux investisseurs davantage confiance dans une appréciation du yuan et, en conséquence, les marchés pourraient avoir trouvé leur point bas à court terme. »
Les dirigeants chinois ont décidé de ré-évaluer la monnaie car le contexte les y ont obligé: le chômage américain reste élevé, et les exportations chinoises ont progressé de 49% entre mai 2009 et mai 2010. Cependant, cette réévaluation sera progressive, car Pékin ne souhaite pas voir d’afflux de capitaux étrangers arrivés sur le marché, et créer des difficultés aux filières exportatrices, qui maintiennent en partie la bonne santé économique chinoise.
Un communiqué des membres du G20 a salué le geste de Pékin vis-à-vis de sa monnaie, « Nous saluons les actions prises, les efforts de la Chine pour raffermir sa demande intérieure et continuer à réformer le régime de taux de change et de renforcer la souplesse du taux de change ». Cette réévaluation tant désiré par Washington, devrait permettre aux États-Unis de réduire son déficit commercial. Cependant, selon le NouvelObs, « certains pays ont souligné l’importance pour Pékin d’aller plus loin pour rendre sa devise plus flexible ».
Avancées des relations sino-américaines
Ce G20 a été l’occasion de prouver au monde la bonne entente entre les deux pays, qui multiplient les contentieux. Le président Hu Jintao a d’ailleurs indiqué que « La Chine et les États-Unis devraient continuer à renforcer la coordination de leurs politiques macroéconomique et trouver des solutions pour régler les frictions commerciales par le biais d’un dialogue tenu sur un pied d’égalité ».
Les deux puissances mondiales se doivent de conserver de bonnes relations. En effet, les deux parties sont dépendantes l’une de l’autre. Et malgré les appels répétés à s’abstenir de tout protectionnisme commercial, la Chine et les Etats-Unis souhaitent conserver leur entente diplomatique, et économique. Hu Jintao indique lors d’une conférence de presse, suite à sa rencontre avec Barack Obama, « La Chine n’a pas l’intention de maintenir un excédent commercial avec les Etats-Unis et a pris des mesures de façon pro-active pour accroître les importations aux Etats-Unis ».
La seconde série de dialogue stratégique et économique entre la Chine, et les Etats-Unis en mai dernier a contribué à apaiser les tensions. Mais les deux pays doivent encore travailler sur ce qu’appelle le gouvernement chinois, l’entente mutuelle.
Barack Obama a tenu à rappeler que les Etats-Unis s’en tiennent au principe d’une Chine et respectent les intérêts fondamentaux de la Chine, ce qu’a apprécié Hu Jintao. Cette remarque intervient quatre mois après la venue polémique du chef spirituel tibétain, le Dalaï Lama à Washington en février dernier.
Il s’agit de la seconde rencontre les deux hommes cette année. La première, également scrutée par les observateurs internationaux, s’est déroulée en avril à Washington, lors du Sommet sur la sécurité nucléaire. Le président n’avait pas pu évoquer le sujet.
© Céline Tabou pour Chine Chinois |http://celinetabou.wordpress.com










