Dans les révolutions, il y a deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent.
Cette citation de Napoléon Bonaparte illustre parfaitement le cas de la révolution chinoise. En effet, elle peut-être qualifiée de révolution sans révolutionnaires, car aucun des partis qui s’opposent au pouvoir impérial n’est en mesure de prendre le pouvoir, voir même de vouloir l’assumer.
Mais qui sont ces révolutionnaires ?
La Chine, a, de tous temps, été l’objet de soulèvements populaires. Souvent spontanés et mal organisés, ils étaient facilement réprimés par le pouvoir impérial. Bien qu’étant noyautés par les sociétés secrètes, leur point commun était souvent la fiscalité lourde qui écrasait la masse paysanne. Mais de plus en plus en ce début de siècle apparaissent des groupes de conspirateurs dont la volonté est de mettre à bas la dynastie mandchoue et de proclamer la république. A l’abri des concessions étrangères, où la répression est moindre, ils sont protégés par ceux qu’ils veulent mettre à bas…
Cependant, étant menés par des sociétés secrétes passéistes et xénophobes, leur crédibilité est souvent moindre.
C’est dans ce contexte qu’apparait un personnage qui aura une importance capitale dans la révolution chinoise et l’instauration de la république : Sun Yat-sen.
Né en 1866 à Xiangshan (près de Canton), il est issu d’une famille de paysans pauvres. Converti au christianisme, ayant migré à Honolulu, il apprend l’anglais tout en s’imprégnant de culture occidentale.
C’est en 1892 qu’il fait son entrée en politique. Après avoir été enlevé à Londres en 1896 par des agents mandchous, il devient le seul chinois connu en Occident, à l’exception de Ci Xi.
Il fonde son programme politique autour de ce qu’il appelle « les trois principes du peuple ». Il prône la république au suffrage universel masculin direct, et contrôlée par cinq assemblées.
Sun Yat-Sen fonde à Tokyo en 1905 la Ligue Jurée, visant à instaurer la république en Chine. Entre 1907 et 1910, la Ligue tente six insurrections, toutes sans succès…
L’autre problème pour le gouvernement mandchou, encore plus que Sun Yat-Sen, est l’essor du mouvement anarchiste dans l’Empire. Fortement influencés par le nihilisme russe, cet anarchisme prend la forme d’un engagement politique et moral : interdiction de l’alcool, du tabac, de la viande, de posséder des domestiques, de fréquenter les prostituées ou encore d’exercer des fonctions publiques. On place les espérances d’un futur meilleur dans l’éducation. Deux noms sont à retenir : Li Yuying, francophile inspiré par la Révolution française, et Wu Zhihui. Ces deux hommes rejoignent la Ligue Jurée de Sun Yat-Sen.
C’est en préparant préparant cet avenir lointain que survient inopinément la révolution que nul n’attendait si vite…
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[...] Originaire de Xiangshan, près de Canton, fils de paysans pauvres, il rejoint très tôt son frère aîné qui fait fortune à Hawaii. Converti au christianisme, il fait des études de médecine à Hong-Kong. Révolutionnaire anti-mandchou depuis 1894, il commence une vie faite d’errances, de quêtes de fonds et des lectures passionnées, où il noue des relations avec la Triade., divers aventuriers (notamment japonais) et des agents des puissances convoitant telle ou telle région de la Chine. Tout lui est bon pour rassembler des forces pour chasser les Mandchous. Il se forge une doctrine, les Trois Principes du peuple, et fédère dans la Ligue Jurée, fondée dès 1905 au Japon, les courants anti-mandchous, après avoir franchi l’obstacle du mépris des lettrés patriotes à son égard en raison de sa formation autodidacte. A partir de 1911, son destin est lié à celui de la révolution chinoise. [...]